Il n’y a pas à dire, côté culture, le Canada a fait cadeau au reste du monde d’un riche patrimoine littéraire et musical. Pourquoi ne pas partir à la découverte des villes et régions dans lesquelles s’enracine cet art? Qui sait, cela vous inspirera peut-être une création…

 

Le Montréal de Leonard Cohen

Si Leonard Cohen est décédé en 2016, il continue d’habiter les rues de la métropole québécoise. Un vrai de vrai Montréalais, le parolier a été fortement influencé par sa ville. Et aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit.

 

Les Montréalais sont très fiers de le revendiquer comme compatriote : en novembre 2017, on a dévoilé en plein centre-ville une murale de plus de 1 000 m2 à son image. Il suffit de déambuler dans les rues pour suivre ses traces.

Vous pourrez visiter les cafés où l’on avait l’habitude de voir l’artiste noircir les pages de son calepin, ou encore vous promener sur le boulevard Saint-Laurent, surnommé « la Main », qui est très présent dans son œuvre. Cassez la croûte au Main Deli Steak House, adresse de prédilection du chanteur selon les dires, puis passez la soirée au Montreal Pool Room, autre lieu qu’il fréquentait. Avis aux fans de la première heure : ajoutez le 599, avenue Belmont à votre itinéraire et vous pourrez photographier la maison d’enfance de votre idole.

 

Les grands auteurs du Nord

 

Qui dit Dawson dit bâtiments historiques, trottoirs de bois et ruée vers l’or du Klondike. Mais il n’y a pas que ça. En effet, cette ville du territoire du Yukon a accueilli de grands écrivains. Bienvenue dans le monde des géants littéraires que sont Jack London, auteur de L’appel de la forêt et de Croc-Blanc, et Robert Service, poète émérite.

Pour répondre à l’appel de la forêt, rien de tel qu’une visite pédestre qui vous invite dans l’univers rocambolesque de ces hommes de lettres. Vous pourrez, entre autres, découvrir la Robert Service Cabin. Et si vous êtes curieux d’en savoir plus sur le chien derrière Croc-Blanc et sa dure vie à l’époque de la ruée vers l’or, prévoyez un arrêt au Jack London Museum.

 

Le pèlerinage à Avalon

Depuis 1908, le roman Anne… La maison aux pignons verts s’est vendu à plus de 50 millions d’exemplaires. Les gens adorent la rouquine impétueuse et le décor unique où se déroule son histoire, la province de l’Île-du-Prince-Édouard – d’où est justement originaire l’auteure du livre, Lucy Maud Montgomery.

 

Cette province, la plus petite au pays, joue un rôle central dans l’intrigue – tout comme les parents adoptifs d’Anne, Marilla et Matthew, et ses bons amis Gilbert et Diana.

 

Les lecteurs enthousiastes y vont pour vivre une sorte de pèlerinage, un plongeon dans le monde qui a inspiré à l’auteure sa célèbre histoire. Venez voir Avonlea de vos propres yeux et vous comprendrez pourquoi, dans l’univers d’Anne, chaque jour est une aventure.

Vous pourrez visiter des maisons victoriennes au site patrimonial Green Gables, vous aventurer sur les sentiers du Bois hanté et de la Niche aux impatientes décrits dans le roman et explorer une étable, un grenier et un hangar à bois qui ont été restaurés au goût du 19e siècle. Après avoir passé la journée dans le village d’Avonlea, une reconstitution grandeur nature de la ville fictive, faites un saut à la boutique de souvenirs. Et pendant que vous êtes dans les parages, allez feuilleter les albums de collage de Mme Montgomery, conservés dans sa maison d’enfance.

 

À la tombée de la nuit, rendez-vous au Centre des arts de la Confédération de Charlottetown pour assister à une représentation d’Anne of Green Gables – The Musical, la plus ancienne comédie musicale encore à l’affiche dans le monde. En effet, la populaire pièce compte à son actif 52 saisons consécutives et sera présentée tant que les fans de la rouquine rempliront la salle.

 

Les talents torontois

Toronto a un petit je-ne-sais-quoi. Carrefour artistique de renommée mondiale, la métropole doit sa réputation au Festival international du film de Toronto, certes, mais aussi aux vénérables auteurs-compositeurs Joni Mitchell et Neil Young ainsi qu’à Margaret Atwood, écrivaine encensée par la critique. Ces trois artistes ont peaufiné leur art dans la plus grande et la plus cosmopolite des villes canadiennes, se laissant imprégner par la culture urbaine pour nourrir leur muse.

 

Originaire de Saskatoon, en Saskatchewan, Joni Mitchell a souvent joué dans les rues de la Ville-Reine; c’est là qu’elle a aiguisé son talent et conquis des hordes d’admirateurs. Neil Young a lui aussi souvent joué à Toronto, sa ville natale. Quant à Margaret Atwood, romancière et poète prolifique, elle a exercé sa plume à l’Université de Toronto avant de signer plusieurs œuvres acclamées, dont La servante écarlate et Captive, et plus d’une quinzaine de recueils de poésie.

Toronto est un épicentre multiculturel de l’art et du spectacle. Lieu de grands festivals de musique et de danse tout au long de l’année, la ville fourmille de créatifs qui ne demandent qu’à se faire connaître. Envie d’un concert extérieur? Assistez à une prestation de jazz gratuite dans le parc St. James, ou encore visitez le Toronto Music Garden, qui propose, de juin à septembre, la série Summer Music in the Garden. Plutôt envie de musique indépendante? Ne ratez pas les Indie Fridays à la place Yonge-Dundas.

 

Quant aux gens branchés, ils fréquentent The Drake Hotel, établissement animé connu pour ses spectacles musicaux et ses expositions d’art. Ça vous dit? Vous y rencontrerez certainement une âme sœur, ou deux.

 

L’influence western

 

Laissez-vous transporter par l’esprit country et western de l’Alberta en suivant les traces de k.d. lang, une chanteuse connue dans le monde entier qui a fondé son tout premier groupe à Edmonton. Cet esprit typiquement albertain résonne dans sa musique.

À vous l’occasion de découvrir l’importance de l’agriculture pour la province et de faire la connaissance de gens fort sympathiques. Offrez-vous une escapade routière vers le sud de l’Alberta, où vous découvrirez tout sur les premiers agriculteurs de la province, les Amérindiens. Le précipice à bisons Head-Smashed-In propose une expérience interactive au cours de laquelle vous découvrirez comment des bisons affolés étaient poussés à se jeter par troupeaux entiers en bas d’une falaise. Une pratique peut-être cruelle, mais une solution viable pour les Amérindiens, qui avaient besoin de se nourrir, de se vêtir, de s’outiller et de s’abriter pour survivre aux hivers rudes et longs. Quelque 6 000 ans plus tard, cet endroit est l’un des sites de chasse collective les plus anciens et les mieux préservés en Amérique du Nord. C’est même un site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mordus de culture country et western contemporaine, sachez que rien ne vaut le Stampede de Calgary, qui offre le plus grand spectacle en plein air de la planète – dix jours de plaisir mémorables en juillet. Et c’est pour une bonne cause! En effet, l’organisme communautaire sans but lucratif, qui met en avant la culture et les valeurs western, recueille des fonds pour les programmes de Calgary et du sud de l’Alberta consacrés à la jeunesse et à l’agriculture. Assister à un rodéo et voir, du premier rang, des bêtes robustes affronter l’arène, c’est une chose à faire au moins une fois dans sa vie.

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